« Pas de problèmes », en swahili
Tout commence par un bon voyage, selon l’adage. Notre Boeing 770 avait à peine une heure de retard au départ de Dzaoudzi et l’agence de Kenya Airways à Mayotte nous avait assuré que deux heures de transit suffiraient à Nairobi. Sauf que Mombasa n’est pas un aéroport international malgré son million d’habitants et qu’il faut quitter l’aéroport international de Nairobi pour prendre un vol intérieur avec son cortège de formalités : change à l’arrivée, douane, contrôle sanitaire, visas, récupération des bagages et réenregistrement.
Nous avons donc raté la correspondance de notre vol Nairobi – Mombasa mais, ouf ! nous avons pu trouver des places sur
l’avant dernier vol. Mais par on ne sait par quel mystère, l’hôtesse a décidé à notre insu que nos bagages seraient eux convoyés sur le dernier de vol de la journée. Nous nous sommes donc
retrouvés à Mombasa sans bagages et sans information sur leur acheminement. Nous n’étions d’ailleurs pas les seuls à goûter ce soir-là cette mésaventure assez fréquente paraît-il avec Kenya
Airways, « la fierté de l’Afrique » . Ceci dit, notre Cécile a connu le même problème à Bogota deux jours plus tôt.
Au titre des petites contrariétés, il nous a fallu avancer 45 US $ pour le transfert qui normalement était inclus dans notre paiement initial. L’arrivée de nuit au Tiwi Beach Resort ne nous remonte pas le moral ; on nous introduit dans deux chambres dont le ménage n’a visiblement pas été fait et où les lits sont en vrac et les serviettes d’occasion. Il a fallu que Cathy s’en étonne pour que le préposé convienne que les chambres n’étaient pas prêtes et qu’on nous dirige vers deux chambres plus accueillantes. Hormis les moustiquaires exiguës et usagées, notre résidence hebdomadaire nous satisfait pleinement par son aspect spacieux, fonctionnel et coquet.
Bien sûr, sans maillot, sans habits de rechange, notre tenue de voyage odoriférante n’est pas la plus appropriée pour aller en jean sur la plage ou se baigner en culotte dans la piscine. On se rend alors compte que certains objets futiles et insignifiants nous sont en réalité carrément indispensables. Ce qui m’a le plus manqué, c’est ma brosse à dents. Et vouloir en acheter une le dimanche dans un hôtel isolé au bout d’une piste de quatre kilomètres tient de la gageure. A ce moment-là, on se dit qu’on est bien mieux chez soi.
Cependant ces aléas matériels mineurs sont rangés aux oubliettes dès l’instant où un émissaire de la compagnie Kenya Airways nous livre nos bagages en fin de matinée.
Jambo !
Ce convivial bonjour ou salut, entendu ensuite des centaines de fois, trouve enfin un écho favorable en nous. Nous pouvons alors apprécier l’hôtel qui en dépit de la très haute saison et de ses 210 chambres ne donne jamais l’impression d’être bondé. Il est même étrangement calme dans la journée, sauf depuis l’arrivée d’un groupe de « Fram-çais » le 25 avec Corsair Fly qui a rouvert sa ligne Paris - Mombasa à Noël.
L’alizé ventile la plage – gardée - sans interruption et berce les palmes des cocotiers qui distillent un ombrage généreux pour les clients au rythme « polé polé « . On dit mora mora en malgache, la combinaison des deux ayant donné en français le terme mollo mollo dont l’étymologie m'est strictement personnelle.
A l’abri d’un lagon étroit, l’océan en cet endroit subit de faibles amplitudes de marée et la hauteur d’eau ne permet guère de s’ébattre sur le platier d’une trentaine de mètres de large, pauvre en poissons mais riche en algues incommodantes, sauf à l’intérieur de quelques baignoires où l’eau avoisine les 30°. Nous qui sommes habitués au lagon mahorais, probablement l’un des plus riches en poissons tropicaux, nous négligeons ces fonds sans corail qui pourtant plaisent aux quelques nageurs novices autour de nous. Il faudrait en fait se rendre à la journée au parc marin de Wasini pour profiter d’un vrai spectacle sous-marin, mais nous délaissons cette option.
L’immense piscine constituée de deux bassins principaux reliés par une rivière en escaliers comble Pierre qui rechigne à la quitter, y compris pour les crêpes du goûter. Son
prof d’anglais serait satisfait, Pierre a volé de ses propres ailes entre piscines et activités organisées où les nombreuses nationalités et diverses communautés conversent en anglais
véhiculaire : Danois(e)s, Hollandais(e)s et Allemands, Français, Polonais, Russes, Tchèques, Kenyans dont de nombreux Indiens enturbannés, Ougandais, Italiens, Suisses, Sud Africains,
Chinois …, par ordre décroissant.
Des corneilles et des macaques aux testicules bleu azur s’invitent à la table des convives inattentifs et chapardent des fruits, des crêpes ou du saucisson. J’observe que les mets ronds attirent la convoitise des corneilles et confirment la fable de La Fontaine qui me paraissait scientifiquement saugrenue. J’en suis désolé, le cliché avec la crêpe ou la rondelle de saucisson au bec d’une corneille m’a échappé. Morale de la morale : nous sommes tous tour à tour corneille chapardeuse ou corbeau honteux et confus.
Marine, elle, a trouvé un lieu propice à la lecture et à la nécessaire méditation préparatoire au Bac.
Comme j’ai emmené mon nouvel ordinateur MSI ultra portable - acquis pour satisfaire à mes obligations professionnelles - afin de modifier et sauvegarder les photos, je peux préparer le présent article sur le champ et le publier avant la reprise du travail sans quoi cela risquerait de prendre des mois (le récit de notre voyage à Madagascar en octobre 2007 reste toujours en stand by...).
Cathy a consenti à passer sept nuits de vacances estivales dans le même lit, elle qui d’habitude nous aiguillonne au petit matin : « Allez, rangez vos sacs, on se dépêche, on doit y aller ». Peu importe le « y » pourvu qu’elle ait l’adresse. Cette entorse aux traditions familiales sied finalement à chacun d’entre nous. Cette coupure d’une semaine de vrai repos devrait nous permettre d’aborder en forme notre dernier semestre austral avant notre retour définitif dans le Vaucluse en juillet 2009…
Mombasa
Lectrice assidue du Routard, du Petit futé et du Guide évasion, Cathy nous a néanmoins poussés à la visite de Mombasa. Bien lui en a pris. La vieille ville où l’Islam métisse et
cimente les populations, le Fort Jesus construit par les Portugais et conquis par les Arabes valent le détour, ainsi que la formidable coopérative de sculpteurs qui, fait exceptionnel en Afrique,
vend à prix fixe.
Pour qui tomberait sur cette page de manière intéressée, le Tiwi Beach Resort se révèle être une destination recommandable, le personnel se montre charmant en toute circonstance et on apprécie de pas croiser de bestioles désagréables (cafards, moustiques, rongeurs…).

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